Cela aurait pu commencer comme une histoire banale de voyage scolaire avec des lycéens japonais qui partent dans la province d'a côté pour voir un musée ou on ne sait quoi.

Sauf qu'il n'en sera rien et que tout basculera dans le train quand, entré dans un tunnel celui-ci, il se produit un tremblement violent qui renverse les wagons et provoque un éboulement des deux côtés des issues. A l'intérieur d'un wagon, Teru, un djeunz se réveille dans le noir, les décombres. Il fait de plus en plus chaud, il a du mal a respirer et surtout à voir quelque chose dans le noir. Alors quand il parvient à mettre la main sur quelque chose qui à la forme d'un briquet, il l'allume et...


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Lecture de droite à gauche (sens de lecture japonais). Avant la catastrophe (cliquez pour voir en plus grand)...

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...Pendant (cliquez pour voir en plus grand)...

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...Après. Teru trouve un briquet et...


Dragonhead se place d'emblée comme un manga pour adulte qui évite tout sentimentalisme, toutes situations de quiproquo entre djeunzs ou rien. Du début, l'auteur balaie tout avec violence pour ne garder que trois survivants : Teru, une jeune fille (Aki) et un autre garçon, lui, complètement et sérieusement fêlé, ce qui permet au mangaka de placer en plus du sentiment de peur et claustrophobie, une complète paranoïa envers une situation poisseuse qui empire d'heures en heures.


Mais surtout, ce qui fait la force de Dragonhead, c'est d'aller encore plus loin qu'un simple pitch d'angoisse claustrophobe parce que hormi le train, on s'aperçoit bien après avec horreur que c'est tout le pays qui a sombré dans le chaos le plus total. Bien sûr dès le début, Teru capte dans une radio du train quelques bribes de dialogues étranges dont "état d'urgence" et "fin du monde". Une fin du monde qui semblera hanter le lecteur tout au lond des 10 tomes du récit. Et rien ne sera fait pour le rassurer : bien sûr le passage du train dans les 2 premiers tomes est une géniale entrée en matière mais il faut ensuite compter avec les survivants dans un paysage inhumain : routes craquelées, coulées de boue, pluies noires de cendres, animaux abattus ou morts sur les chemins, presqu'îles inondées et villes entières désertées.


Et la solution ne sera donnée au lecteur que dans le dernier tome de la série dans un Tokyo vide et peuplé de cadavres.

Glaçant.

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(cliquez pour voir en plus grand)

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(cliquez pour voir en plus grand)...

L'autre grande force de la série, outre ses partis-pris (scénaristiques ou graphiques, comme vous le voyez, c'est assez réaliste) et l'absence de clichés, c'est que l'auteur nous balade avec une déconcertante facilité. Vous croyez que le héros c'est Teru ? Faux et c'est là le piège. N'importe qui peut mourir (le pilote devenu ami des deux jeunes par exemple) et certaines rencontres ne sont qu'éphémères...Comme dans la réalité.

Dragonhead est pour moi une oeuvre indispensable. Si vous ne deviez avoir qu'un seul manga, peut-être devriez vous prendre celui-ci.